« Dia de los muertos ou comment faire copain copain avec les morts », leçon par le peuple mexicain.

ca

Salut et joyeuse fête des morts tout le monde ! … Bah quôa? Etre joyeux un 1er novembre vous semble déplacé ? La fête des morts est une célébration joyeuse pourtant ! Le 1er et 2 novembre, les mexicains fêtent leurs morts avec beaucoup de bonheur et d’une façon très particulière: en se moquant de la mort. Le poète Octavo Paz a écrit que « Le mexicain plaisante de la mort, il la caresse… » et pendant la fête des morts il la célèbre. D’ailleurs, afin que tu t’endormes moins con ce soir, voici un petit article qui explique en quoi consiste cette journée et pourquoi elle est si intéressante.

El dia de los muertos !

La fête des morts est donc une fête d’une très grande importance au Mexique. Le 1er et le 2 novembre de chaque année (juste après la fête de Halloween qui n’a aucun rapport), les familles se retrouvent autour des cercueils, parfois carrément déterrés pour l’occasion, et reproduisent des moments de vie appréciées par le défunt dont l’âme rend visite aux vivants : jeux de cartes, dominos, mariachis, tacos, verres de tequila cul sec (oui, c’est des fêtards ces mexicains)… sous des montagnes de fleurs et de couvertures étendues pour passer la nuit avec les morts.

Il est aussi coutume de se goinfrer de bonbons et de têtes de morts en sucre puis de « pains des morts », qui ont la forme…d’os ! Comme nous on se coltine des pubs de jouets à la télé deux mois avant Noël, eux ils ont les boulangeries qui affichent partout: Ici, véritable pain des morts !!! . Du coup on ne s’offre pas Action Man mais des brioches en forme de tibia. On envoie également à ceux qu’on aime un petit cercueil en sucre sur lequel on a fait écrire leur prénom, en signe d’affection (je vais tester d’en envoyer un à ma mère tiens, histoire de voir comment elle réagit).

Dans les maisons, on confectionne des autels et on met des bougies dans chaque recoin. On dresse également une grande table, sur laquelle on entasse offrandes et victuailles autour des photos des disparus (fleurs porte-bonheur, cierges allumés, encore des têtes de morts -les fameuses calaveras mexicanas- fruits, nourriture appréciée par le défunt, boissons, eau bénite, tabac, poteries), ainsi que des objets personnels leur ayant appartenu (cigares, guitare, instruments de travail). Rien d’étonnant non plus à pique-niquer en famille et entre amis sur la tombe des défunts  (lorsque j’avais treize ans, avec ma cousine on allait dans des cimetières manger des chips pour faire nos rebelles… mais aujourd’hui je me verrais mal de ramener mon pinard et mon saucisson à Père Lachaise…) .

Les Mexicains dansent et chantent toute la journée. Ce n’est pas un jour triste pour eux. La musique, très éclectique, résonne dans tous les coins.

m

Un peu d’histoire

Tout le monde, un jour ou l’autre, est confronté à la mort, que ça soit par la sienne ou celle d’un proche, c’est sacrément emmerdant, mais c’est le principe même de la vie. De ce fait, dans chaque culture qui peuple le monde sont apparus des mythes et des rituels afin de comprendre et accepter la mort ainsi que pour aider le défunt à accéder à son nouvel état métaphysique.  La fête des morts, vieille d’environ 3500 ans, découle de nos jours de plusieurs traditions : c’est un mix entre les spanish colonisateurs et les aztèques.

Lors de l’époque de Moctezuma, le dernier empereur Aztèque, les habitants du Mexique avaient l’habitude d’aller plusieurs fois par an sur les tombes de leurs morts. La famille du défunt dansait, chantait et laissait des offrandes afin de pourvoir aux besoins du défunt dans l’au-delà.

Les espagnols, eux, avaient l’habitude de venir dans les cimetières pour y déposer du pain, du vin et des fleurs pour la Toussaint. Très superstitieux, ils pensaient que les âmes parcouraient la Terre et flottaient autour d’eux et craignaient qu’elles s’abattent sur eux pour les emporter avec elles à n’importe quel moment. C’est pourquoi ils les achetaient avec du vin. Voilà d’où est née l’expression pot de vin. Non je déconne et je sais que c’était nul.

Bref, le rituel Aztèque n’a donc pas été éradiqué par les espagnols en les convertissant au catholicisme, la date a juste été fixée afin qu’elle coïncide exactement avec le jour de Tous les saints, le 1er et 2 novembre.

ooo

Le rituel et les célébrations

Ce jour de la fête des morts, les familles vont rendre visite aux tombes de leurs ancêtres et les nettoient, les décorent, leurs mettent des jolies fleures très colorées ainsi que des bougies. C’est alors que les âmes des défunts ramènent leur boule sur terre et qui convient clairement de leur donner les offrandes appropriées. Cette nuit-là, aucun prêtre n’est admis à pénétrer dans le cimetière, car il s’agit d’une fête païenne.

Le 1er novembre on célèbre plutôt les enfants décédés, et le 2 novembre, les adultes.  En revanche, pas de bol, les personnes décédant durant le mois précédent ne reçoivent pas d’offrande car elles n’ont pas eu le temps de demander la permission de retourner sur Terre.

Pour les enfants morts avant d’avoir été baptisés, on offre des fleurs blanches et des cierges. Pour les autres, on apporte des jouets (ah bah finalement, Action Man…). Dans ce pays, la mortalité infantile est considérable (surtout chez les indiens) et la mort d’un enfant est souvent un événement heureux. Il devient un «petit ange» qui de là-haut veille sur eux.

Pour les adultes, on apporte des bouteilles de tequila, ce que je trouve sacrément cool. C’est à dire que tu peux te mettre des caisses quand t’es mort.

mmmm

Les têtes de morts utilisées pour décorer les autels portent sur le front les prénoms des morts. Bien qu’elles soient généralement représentatives du défunt, elles peuvent se déguster (hum). Les Aztèques et autres civilisations gardaient comme trophée les crânes des vaincus et les rassemblaient lors de la fête des morts. Ces crânes symbolisent le mort et la renaissance (miam miam).

Pour guider les âmes, un chemin de pétales de fleurs est réalisé de la rue jusqu’à l’autel. Des prières sont récitées et de la musique est jouée. Comme je disais précédemment et je sais que je radote, la tombe devient table de banquet et on mange toute la nuit au son des pétards et des cloches. Les bouteilles de soda et d’alcool circulent en souvenir des disparus et on boit à leur santé. A l’aube, quand les morts ont bien entamé le banquet, les vivants mangent les restes et s’endorment sur place. 

3285427784_38dd650c6e

Sachez qu’en 2003, pour préserver la tradition, el dia de los muertos a été déclaré “Oeuvre majeure du Patrimoine Oral et Intangible de l’Humanité” par l’Unesco.

Le mexicain n’a pas peur de la mort, il se moque d’elle, joue avec, et même cohabite. C’est une coutume qui pour nous, nous semble choquante voire provocante car la mort est traitée comme un personnage quasi humain avec familiarité et dérision…Ne serait-ce pas tout simplement une autre manière d’aborder la vie et par là même d’intégrer plus naturellement et sans honte cette mort qui nous fait peur et nous fascine ? Voilà tout. Quel dommage que notre culture occidentale soit aussi fermée concernant la mort… Et vous ? que pensez vous de ce rituel?

Sugar.

Publicités

Un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s