Ode à Sailor Moon

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L’autre jour je prenais l’apéro chez moi avec des copines, et un tome du manga Sailor Moon trainait pénard sur mon bureau. On en papote, on en rigole, on radote nos vieux souvenirs d’enfance (oui, lorsque j’avais six ans je me réveillais tous les jours à six heures du matin pour regarder Sailor Moon affalée sur le canapé), et arrive le moment fatidique où je leur avoue, naïve et innocente, que je suis bien contente d’avoir acheté les mangas l’été dernier. Soudain, un silence général règne dans la pièce et elles me fixent immobiles, avec un regard très double face: la moitié du visage tout à fait perplexe et l’autre moitié rouge, prête à l’explosion par hilaration…. Mes très chères acolytes pensaient que ces mangas sortaient tout droit d’un vieux carton entrain de moisir au fin fond de la cave, destinés uniquement à se faire un petit safari sur mon bureau le temps que je les relise et que j’obtienne ma dose de retour dans mes années tendres. Et ben non. Sailor Moon me manquait cruellement, et le dessin animé en français est, à mon humble avis, ridicule (exemple : deux gays en VO = deux amis en VF) alors… j’ai commandé les mangas. Voilà. Parce que Sailor Moon c’est de la bombe. C’est LE manga kitsch de nanas trop bonnes qui ne se laissent pas faire, et il a un succès considérable depuis que les bouquins ont été réédités en 2012 par Pika Edition.
largePetit rappel de l’histoire (j’imagine que certains d’entre vous ne se souviennent que de leurs courtes et colories minijupes): Usagi (qui veut dire petit lapin… oui bon, c’est des japonais, ils sont kawaï!) est une collégienne de 14 ans, pleine d’énergie, plutôt tête en l’air et avec un caractère de merde. Mais elle croise Luna, chat trop mignon doué de parole et d’étranges pouvoirs qui lui annonce qu’elle est Sailor Moon, justicière au service du Royaume de la Lune. C’est le début pour elle de nombreuses aventures, mais aussi d’une belle histoire d’amitié et de sexe, drogue et rock n’ roll. Non je déconne, mais il y a quand même ce jeune homme masqué et mystérieux qui n’est jamais très loin (et dont j’étais amoureuse quand j’avais six ans…) …

Maintenant, je vais vous dire pourquoi Sailor Moon ça claque en 7 points:

1. Sailor Moon (1992) est l’un des premiers Magic Girls, et également l’un des premiers mangas à montrer la vie contemporaine japonaise sous toutes ses coutures, contrairement à Dragon Ball, par exemple, qui ne parle que de monstres, de trucs chelous et de boules (avant de me faire trucider, je sais c’est très réducteur mais mon petit frère m’a traumatisé avec lorsqu’on se bâtait pour la telec’ il y a 15 ans). Les héroïnes ont un comportement naturel et drôle qui permet à leur environnement de s’imposer en tant qu’univers réaliste. Vous me contredirez surement en mettant en avant leur niaiserie, mais vous aurez probablement oublié que l’action se situe au Japon, un pays où la culture diffère grandement de nos habitudes occidentales et qui possède différentes valeurs, moeurs et traditions.

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Précisons également que ce n’est pas parce que Sailor Moon est un Shôjo («manga pour filles») que cela se réduit à un pauvre manga pour gamines qui ne s’adresse pas du tout aux mecs. Détrompez vous messieurs.

2. S’il faut toujours se transformer pour battre un méchant,  on bat le méchant sur un circuit de Formule 1, sur un bateau de luxe, lors d’un festival traditionnel d’été, en Antarctique où sur une autre planète !  Et ça, c’est la classe. De plus, leurs costumes et leurs accessoires sont beaux et les nanas carrément canons, bien différenciées les unes des autres. Sachez par ailleurs que ces costumes sont les uniformes traditionnels des collégiennes et des lycéennes japonaises, que l’on nomme « costume de marin », où en japonais, sailor fuku. C’est principalement ce manga qui a imposé le cliché des uniformes scolaires japonais chez nous. Moi j’aurais tellement voulu aller en cours avec ce genre d’uniforme…

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3. Finalement loin d’être enfantine, l’histoire est complexe et très bien ficelée. Elle fait appel à la mythologie grecque et à l’astronomie, ainsi qu’à l’astrologie. Riche en contenu et en sens, les diverses recherches des auteurs sont ressenties.

4. Ce n’est pas parce que la série est culcul que les personnages et l’histoire ne sont pas intéressants. On parle de suicide, de morts censurées, d’un superbe perso dépressif et schizo (Sailor Saturne), de voyages temporels avec une gosse cachée, de sens du sacrifice, d’extraterrestres, du bien et du mal, de forces démoniaques, de manipulation génétique, etc.

5. C’est drôle. Les personnages ne sont pas des stéréotypes et cela traduit la clé de la réussite. L’héroïne principale, Usagi, n’est pas la typique nenette trop parfaite. Là, c’est une flemmarde hors paire, gourmande, maladroite, qui passe son temps à se plaindre, à jouer aux jeux vidéos au lieu d’étudier et qui te donne envie de la gifler très souvent. Elle est entourée d’une multitude de personnages qui ont chacun une histoire détaillée, avec leurs qualités et leurs défauts. Ses copines sont très girly mais, en même temps, elles ne sont pas superficielles et chérissent une réelle amitié.

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Ces caractéristiques se manifestent aussi chez les « méchants » : ceux-ci ne font pas le mal sans raison et la série dresse ainsi des modèles de tragédie grecque, de manipulations surnaturelles, de soif de vengeance…

6. Les personnages évoluent, ils sont « vivants » et changent avec le temps. Finalement, Sailor Moon, c’est un peu Freud qui se tape une barre avec la psychanalyse: les personnages affrontent leurs peurs, qui se manifestent le plus souvent sous forme de monstre, et une fois qu’il est vaincu et que la leçon est apprise, le personnage s’accepte avec ses qualités et ses défauts et continue d’évoluer (non, pas comme un Pokémon). D’où les interactions loufoques entre les différents caractères des héroïnes.

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7. Sailor Moon essaye de transmettre des idées. Certes, il nous est bien proposé une explication concernant l’organisation du monde, mis ce n’est pas là le thème récurrent de la série. Ce que défendent les guerrières, c’est un certain nombre de valeurs : l’amitié, le pardon, la générosité, la tolérance (deux des guerrières sont lesbiennes, et cela reste naturel)… De plus, elles ne se battent jamais contre leurs adversaires comme si le fait d’être un super héros leur faisait plaisir. Maintes fois, elles ressentiront une certaine lassitude vis-à-vis de leur devoir de guerrière.

Alors combien de fois aurais- je entendu des critiques futiles du genre: Sailor Moon c’est superficiel, gamin, dédiée aux mini-jupes et aux filles criant «culotte Lunaire !» ? Dommage de résumer à cela le premier manga présentant une anti-héroine geek de surcroit au caractère bien trempé passant sa vie à bouffer des cochonneries et à se battre contre son réveil, obligée de sauver le monde, de faire des voyages intersidérales et de risquer sa vie tous les jours.large (3)

Tout ce que j’ai à dire, c’est que Sailor Moon c’est de l’amour en boite, que ça ne peut que te mettre des étoiles dans les yeux. C’est tellement cute, tellement mignon, tellement girly, que par la suite tu ne peux que te balader dans la rue en chantonnant et sautillant. Voilà.

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Sugar.

PS:
wtf

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2 commentaires

  1. « Dragon Ball, par exemple, qui ne parle que de monstres, de trucs chelous et de boules. »
    heuu alors Dragon Ball se passe dans la vraie vie à des « années lumière » certes mais ça parle pas de monstre..sa parle d’une population qui combat le mal et qui cherche les 7 boules de cristal afin de rétablir l’ordre dans un monde brute ou des méchans eux aussi cherche ses fameuses boules mais pour y mettre le chaos..
    Donc je ne suis pas d’accord avec toi c’est dommage de réduire l’image de Dragon Ball à sa, alors que se doit être l’un des meilleurs Mangas qui existe.

    • Je crois pourtant bien préciser que ce n’est que mon avis personnel 🙂 comme celui que tu donnes, subjectif et qui t’appartient uniquement.

      Ps: ok, ce n’est peut être pas des montres, mais ils sont moches 😛 (je taquine !)

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